« Un jeudi, un écrivain chez Louis Guilloux »

26 Oct

Jeudi 25 octobre j’ai eu la demande un peu particulière d’accompagner l’ouverture de saison « Un jeudi, un écrivain » à la Maison Louis Guilloux à Saint-Brieuc. Le thème de la saison est « La littérature c’est capital ! », ou comment certains auteurs abordent de manières différentes le capital, sujet qui peut paraître barbant si on ne le prends pas avec des pincettes…
En gros, en binôme avec les animatrices de la Maison Louis Guilloux, on s’est chargé de présenter les auteurs et leurs ouvrages invités pour la saison invités. Elles abordaient les présentations d’une manière plus « conventionnelle » tandis que j’y allait de mon décalage.

Dans la continuité de ma démarche de dédramatiseur public j’y suis allé de joyeuse manière et vous livre ici les chroniques des deux premiers invités de la saison, mais tout d’abord la conclusion de mon intervention :

« L’humour est une chose trop sérieuse pour la confier à des rigolos. »

Marcel Gotlib, dans sa géniale bande-dessinée Rubrique-à-brac,cite cette phrase d’un inconnu, qui est une parfaite illustration du paradoxe d’un serpent qui se mord la queue. En effet, si l’humour est une chose sérieuse, il doit être confié à des gens sérieux ce qui, il faut bien l’avouer, le rend tout de suite moins rigolo, et on peut tourner en rond longtemps avec cette logique illogique…

Donc à l’instar de Gotlib, ou plutôt à l’instar de cette phrase, je dirai, en résonnance au sujet du jour, « le capital est un sujet trop lourd pour qu’il soit traité avec du plomb ». En effet, ça reviendrait à dessiner un citron sur une feuille jaune, on passerait à côté d’un agrume délicieux. Donc si le capital est traité avec la lourdeur du plomb, ce dernier aurait tous les risques de finir dans la tête. Si vous vous retrouvez donc avec ce plomb dans la tête vous aurez de grandes chances de faire la connaissance d’un croque-mort, et vous vous rendrez rapidement compte que, contrairement aux idées reçues, ces derniers sont généralement de bon-vivants, il est en effet dangereux de jouer avec le chat quand on est allergique à ses poils… Et ce n’est pas en gisant sous la terre avec votre chat que vous pourrez remettre en question la problématique du capital, car il s’agit bien de remise en question, et non de chercher à imposer la ou sa vérité.

Vous avez du mal à me suivre ? Rassurez-vous c’est presque normal, on est sensé parler du capital et de la littérature, deux sujets qui sont censés faire fuir toute personne moderne et normalement constituée, et moi je vous parle de poils de chats et de citron, c’est ma manière de dédramatiser les chose, et puis je pense que vous perdre dans mon raisonnement vous a quand-même plus captivé que si je vous avez sorti

« Le future Cac 40 est un contrat à terme sur l’indice CAC 40. L’unité de négociation du future est pour chaque point d’indice affectée d’une valeur de 10 euros. La valeur du contrat est égale au cours coté x 10 euros, si le cours du contrat à terme ferme CAC 40 s’établit à 3 600, le contrat a une valeur de : 36 000 euros. Les négociations portent sur quatorze échéances glissantes, 3 mensuelles, 3 trimestrielles du cycle mars, juin, septembre, décembre et 8 semestrielles du cycle juin/décembre. »

Aaaaahhhhhhhhhh ! Maman j’ai peur ! Donc voilà, plutôt que parler ce langage de fous ou s’aventurer dans une critique clichée du capitalisme à grand coups de « le capital c’est fatal » ou « capitaliste, retourne dans ton building », « trie et prie », il est intéressant de découvrir comment ces auteurs abordent le capitalisme avec des angles variés avec plus ou moins de légèreté, sans pour autant nier la lourdeur du sujet traité. C’est ce que j’appelle le rôle de dédramatiseur public. Et si tout va bien cette année, on enchainera l’année prochaine avec une saison sous le signe de la grande marrade et du capital sociologique et culturel. Si tout va bien, pour que tout aille bien il faut déjà qu’il y ait du monde à venir cette année, pourquoi ne pas vendre ça comme du divertissement, en plus y’aurait moyen de se faire du fric, à méditer…

Le jeudi 22 novembre
Mathieu Larnaudie – Les Effondrés (Actes Sud, 2010).

mathieu larnaudie

> Dans livre il y a « ivre », attention je ne veux pas dire que ce livre est saoulant dans le sens « vazy ça m’saoule », mais la manière dont il est écrit peut mettre dans un certain état d’ivresse, vous savez, cette petite sensation d’avoir la tête qui tourne, qu’on manque un peu d’air, et qui peut aller, dans une grande mesure, jusqu’à l’effondrement, c’est que ça parle de la crise, est que la crise, c’est étourdissant comme merdier, et vazy comprendre quelque chose toi, petite gens, que ça te tombe sur la tronche que t’as même pas compris la notice, la crise c’est pire qu’une « ouverture facile » ou une braguette, quand ça pète, t’es perdu, t’as beau courir dans tous les sens, tu te retrouveras de toute façon à poil, dénudé, effondré, c’est un peu cette sensation de marathon du paniqué-offusqué-essoufflé qui se dégage de ce livre de Mathieu Larnaudie. Si vous avez la gueule de bois après la lecture du bouquin, vous pouvez toujours aller voir la mer, l’iode régénère, profitez-en tant qu’elle est là.


Le jeudi 13 décembre
Michel Husson – Le capitalisme en dix leçons : petit cours d’économie hétérodoxe illustré (par Charb) (Zones / La Découverte, 2012).

michel husson

> Celui-là il est trop bien, y’a des dessins, et de Charb en plus, du coup je les ai découpé et je les ai mis sur le mur de mes toilettes, comme ça mes pauses deviennent culturelles, j’apprends même quand je me fait chier. Avec tous ces trous, le bouquin ressemble maintenant à un gruyère, et comme le paradoxe du gruyère le dit si bien :
« Plus y’a de gruyère plus y’a de trous, or plus y’a de trous moins y’a de gruyère. Donc plus y’a de gruyère, moins y’a de gruyère. »
Enfin bref, si vous aimez le fromage, ce bouquin est vachement bon.

N’hésitez pas à vous rendre aux rencontres avec ces auteurs, tout le programme par là : http://www.fol22.com/Maison-de-Louis-Guilloux.html

 

Le jeudi 24 janvier 2013
Nathalie Fillion – A l’Ouest (Actes Sud-Papiers, 2012).

9782330001827
> Bouquin très bien écrit, la preuve, la première faute de frappe m’a…frappé page 87, sur 114, à moins que ce ne soit le correcteur qui ai bien fait son travail, à moins que ce ne soit moi qui ai mal regardé, en même temps je ne cherchais pas les fautes de frappes, mais cela n’empêche qu’une fois passé l’assimilation des 16 personnages de la pièce à l’aide d’un trombinoscope le bouquin coule tout seul et fait même sourire à des moments, quand il ne fait pas frissonner d’émotion. Au début j’ai eu un peu peur du nom de l’auteure, Nathalie Fillion, mais elle a le « i » après les 2 « L » qui sauve, donc sauvée par le « i », vous pouvez vous y plonger sans risque !

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